24 octobre 2007
...
J’ai changé d’avis. Halloween c’est bien, tout ça tout
ça, mais en fait 2008 c’est mieux. Non parce que 2007, là franchement, je l’ai
assez vue. C’est une année sournoise et vicieuse qui n’aura eu de cesse de
m’emmerder, et ça suffit un peu les bêtises. Alors comme il faut quand même que
je laisse le temps aux emmerdes de se résorber un tant soit peu sous peine de
polluer 2008 la toute belle, je ne vais attendre quelques semaines avant
d’utiliser tous mes pouvoirs de dictateur de blog pour déclarer la nouvelle
année mais vous m’avez bien entendu, ennuis, d’ici quelques semaines c’est fini
tout ça, 2008 est là, on efface tout et on repart sur de nouvelles bases,
saines, sympathiques, urbaines, des comme on aime. En attendant je déclare la
transition vers les bonnes nouvelles comme étant officiellement ouverte,
2007.5, te voici !
23 octobre 2007
Halloween
Avec l’automne et octobre arrive bien évidemment
Halloween. Cette fête dont on n’a jamais vraiment saisi toutes les nuances en
France… Je crois en avoir déjà parlé l’année dernière mais je ne me suis
toujours pas remise des déguisements. Pour moi Halloween c’est sorcières,
monstres, squelettes, fantômes et compagnie. Tout ce qui fait peur, donc. Alors
qu’en réalité ici, Halloween c’est ce que l’on veut. Superhéros, personnages de
BD, de films, rouleau de PQ (non là c’est moi qui fait du mauvais esprit – mais
ça pourrait, hein, ils n’y ont juste pas pensé !) etc. Et quand on est du
sexe féminin et qu’on a entre 20 et 30 ans, il est bien vu de se déguiser (au
moins une année) en lapin playboy (si vous voyez bien, la nuisette rose
transparente, le serre-tête en fourrure rose avec des oreilles de lapin et le
pompon rose sur les fesses, menfin), en infirmière d’un style particulier avec
décolleté pigeonnant et bas résilles, en maîtresse d’école pour petits garçons
pas sages d’une quarantaine d’années, la liste est longue. J’aurais raté mon
rite de passage Halloweenesque, parce que je ne me suis pas encore décidée à
suivre cette tradition. Et sans vouloir dire jamais au grand jamais, je ne suis
pas convaincue que ce jour arrive.
Ce qui est sympa cette année c’est qu’Halloween tombant
en milieu de semaine, il y a des soirées à thème d’Halloween le week-end
d’avant, le week-end d’après, et peut-être même que des ‘tits nenfants vont
sonner à la porte mercredi soir pour m’extorquer force sucettes et bonbons…
Cette possibilité est plus que faible, vu que j’habite dans un immeuble de
petits apparts sans le moindre enfant (je n’ai pas regardé mon bail en détail
mais je ne serais pas surprise que la liste des interdits soit « interdit
de fumer, pas d’animaux, pas de parfum, pas d’enfants ». Si si ils
interdisent le parfum par ici parfois. Et les enfants. Et la cigarette. J’adore
ce genre d’assimilations.). Ceci dit ne pouvant courir le risque de décevoir
quiconque sonnerait à ma porte, il va bien falloir que je dévalise les magasins
de bonbons c’est certain. Quel dommage.
18 octobre 2007
Au royaume des citrouilles
Alors voilà ça y est, ayant enfin fait mon deuil de l’été, je peux
tranquillement profiter de l’automne. Le seul côté qui me déplait dans cette
saison c’est son très mauvais timing, ce n’est pas une vie d’être coincé entre
l’été et l’hiver tout de même ! Encore que j’aime les premiers mois
d’hiver, c’est la longueur (véritable ou ressentie, d’ailleurs) de la saison
qui me déplait.
Les arbres sont magnifiques, parés de vert, jaune, orange, rouge, brun et
j’en passe. Les citrouilles sont de sortie, et je me régale de tartes,
cheesecakes, soupes, muffins, pains (style banana bread, pas du pain style
baguette attention) et autres à la citrouille (je fais difficilement la
différence entre tous les légumes de la famille des citrouilles et des
potirons, et pourtant il y a une variété assez impressionnante de légumes de la
famille des « squash », en anglais dans le texte – si tant est que ce
soient des légumes, j’ai un doute tout d’un coup, peut-être nous font-ils le
coup des tomates à se transformer en fruits sur le coup de minuit ?!). Les
premières bouteilles de lait de poule (ou eggnog, par ici) se trouvent dans les
supermarchés et une si bonne raison de boire du rhum ne peut que se saisir avec
plaisir.
D’ailleurs question métaphysique, étant née les (le ?) premiers jours
de l’hiver (le calendrier décide parfois de me faire naître le jour où l’hiver
commence, seulement ma maîtresse d’école m’ayant dit que les saisons
commençaient toujours un 21, je réfute les affirmations gratuites des
calendriers), suis-je sensée aimer l’hiver ? Ou au contraire abhorrer
cette saison ? Il doit bien y avoir une grande théorie fumeuse établie par
tout plein de gens avec des gros diplômes colorés qui dit que quand on naît on
est fâché(e) pendant quelques mois et donc traumatisé(e) par la saison, ou au
contraire si content(e) de débarquer dans ce monde d’énergumènes disparates que
l’on garde toujours cette saison dans son cœur… Non ?
16 octobre 2007
Réclamation
Malgré le monde moderne dans lequel nous vivons (waow, ça
commence bien, sérieux et tout) il n’y a que fort peu d’options pour aller de
Demi-Chez Moi au Centre du Monde. J’ai le choix entre 4 compagnies aériennes
(sachant que j’évite de passer par les Etats-Unis, c’est un principe – non que
j’évite les Etats-Unis, mais subir toutes les formalités vraiment pénibles de
la douane américaine pour une valeur ajoutée nulle vu que je ne fais que passer
par le pays me paraît tout à fait inutile), et entre deux philosophies de
voyage : soit je fais escale au Canada (Montréal ou Toronto), soit je fais
escale en Europe (Londres, Amsterdam ou Hambourg). Sachant qu’il n’y a pas de
vol direct, je ne me complique pas la vie à plaisir quoi qu’on puisse en
penser.
Tout ça pour dire que ce coup-ci, j’ai choisi l’option
Air Canada avec escale à Montréal. Cette compagnie aérienne que je fréquente
très régulièrement a récemment mis un place un programme de restructuration –
comprendre de réduction des coûts, ou comment martyriser nos passagers sur les
vols où on a le monopole ou presque. Les limites de poids pour les bagages ont
été réduites, mais surtout, surtout, il n’y a plus de repas servis à bord sur
les vols nationaux, et il faut acheter couverture et oreiller. Sachant que
Demi-Chez Moi – Montréal dure cinq ou six heures (selon le sens des courants,
le trajet ouest-est est bien plus rapide), quand même. Etant en désaccord
complet avec cette politique mais n’étant ni adepte du jeûne, ni du froid et de
l’inconfort, je me trimballe donc systématiquement sandwichs, gâteaux, oreiller
et couverture. J’adore. Ils nous servent tout de même à boire, ce qui est sympa
vu que la sécurité ne laisse pas passer les boissons. Remarque, les vendeurs de
boissons situés après la sécurité devraient passer un marché avec les
compagnies aériennes et la sécurité, ils pourraient facilement sécuriser le
marché… Bref.
Non contents de me transformer en âne (subtile référence
à tout ce que je transporte dans mon sac à dos, et non à des oreilles qui auraient
subitement poussées), Air Canada a aussi décidé d’ignorer ma requête de voisins
charmants, jeunes et célibataires. Et masculins, tant qu’à faire. Sur quatre
vols, j’ai eu droit à la compagnie (fort sympathique au demeurant) d’un homme
montréalais de quinze ans mon aîné, ayant des enfants et bien sûr très marié,
d’un homme grec-montréalais de quarante ans mon aîné (à qui je voue une
reconnaissance éternelle pour m’avoir fait découvrir le Baileys dans le café,
petit bonheur du vol), d’une jeune femme française visitant le Québec avec des
amis, et d’une femme (moins jeune) retournant à Demi-Chez Moi après avoir rendu
visite à sa fille montréalaise (qui m’a très gentiment fait don de son
magazine !). Je devrais remercier ma bonne étoile vu que j’ai évité les
enfants qui crient et secouent mon siège tout en donnant des coups de pieds à
n’en plus finir mais tout de même, sur quatre vols…
15 octobre 2007
... and back.
Et voilà hop hop, hier retour à Demi-Chez Moi après un
loooong voyage… L’avantage de ne pas beaucoup dormir la nuit d’avant c’est que
le voyage passe beaucoup plus vite. Et vu que je reviens dans deux mois, le
retour ne fût point trop déchirant. Je ne me fais toujours pas au côté
surréaliste du retour en revanche : le matin je suis dans mon Centre du
Monde préféré, dans une vie qui m’est familière et me va comme un gant, et le
soir me voilà à Demi-Chez Moi dans une autre vie qui m’est tout aussi familière
et me convient plutôt pas mal non plus. Deux vies diamétralement opposées et
avec très peu de liens entre elles et qui me sont pourtant presque aussi naturelles
l’une et l’autre. Je frôle le dédoublement de personnalité à chaque
voyage. Heureusement que je suis quelqu’un de naturellement saine et
équilibrée (et non on ne proteste pas, j’affirme ce que je veux sans complexe
en tant qu’officiel dictateur de ce blog, c’est ma prérogative). Et histoire
d’en rajouter sur le côté surréaliste de la transition, ce matin cours de
soudure. Voilà voilà.
Les vacances furent parfaites, bien remplies, avec tout
plein de gens sympathiques (même s’il m’en manque quelques-uns et
quelques-unes, je me fais fort de les traquer à Noël), de courses
déraisonnables et de nourritures terrestres. Point de concerts ou d’expositions
en revanche, le temps manqua. Arcimboldo, musée Carnavalet et musée Rodin,
préparez-vous ! Ainsi que Vanessa Paradis et Calogéro, histoire de tout bien
faire comme il faut. Et oui j’assume mes goûts musicaux, que celui ou celle qui
a vécu 5 ans et demi loin de la patrie de la chanson française me jette la
première pierre. Ou pas d’ailleurs, quand j’y pense.
06 octobre 2007
Joli!
Excellent !
On était en train de passer une petite soirée tranquille dans un resto japonais
avec ma sœur quand on a entendu tout plein de gens crier dans la rue. Ma sœur boycottait
le match tant elle était terrorisée par le résultat, seulement les cris dans la
rue nous ont redonné espoir. Elle appelle mon frère aussi sec, découvre qu’on a
égalisé 13-13, et nous voilà parties à la maison au pas de course pour aller
voir la fin du match. Et quelle fin de match !
La soirée fût grandiose.
04 octobre 2007
...
On my way......

PS: Je n’aurais jamais cru m’identifier un jour à un chat
mais cette image montre bien l’état de délire euphorique dans lequel je me
trouve! Et oui.
03 octobre 2007
Mœurs radiophoniques
Un des sujets qui m’avait frappé du temps de Nulle-Part
était l’omniprésence de la politique québecoise sur les ondes francophones en
Alberta. J’étais assez étonnée de voir que la politique de la province dans
laquelle la radio se situait était relativement dans l’ombre au profit d’une
province pourtant bien loin géographiquement. Et je suis encore plus étonnée de
voir que la situation est identique à Demi-Chez Moi.
J’habite dans une des plus grandes villes canadiennes (et
il n’y pas des masses de grandes villes canadiennes) où la communauté
francophone est suffisamment importante pour justifier que la radio francophone
ait ses propres émissions animées par des animateurs locaux, dans des studios
locaux… pour parler de politique québecoise. De politique locale aussi, mais je
pense que si je me mettais à compter le temps de parole, la politique québecoise
prendrait peut-être la moitié du temps, si ce n’est plus, la scène
internationale aurait sans doute droit à un quart, et la politique locale le
quart restant. Et j’ai du mal à comprendre le pourquoi du comment.
Je devrais me renseigner un petit peu sur la population
francophone locale, afin de déterminer la proportion de québecois, de français,
de belges, de sénégalais, d’haïtiens etc etc. Et de francophones nés ici, vu
qu’il y a des communautés francophones implantées dans la région il me semble.
La radio est nationale avec des antennes locales ce qui explique qu’elle ne
s’intéresse guère aux politiques française ou belge (peut-être un tout petit
peu plus que la radio anglophone quand même), mais j’aimerais bien savoir si un
francophone de l’ouest canadien s’intéresse aux querelles syndicales au fin
fond des régions au Québec et se sent concerné par les élections des petites
communautés autour de Montréal.
Dans l’ensemble, je ne m’accommode pas trop mal de la
situation sachant que je découvre la culture québecoise bien qu’habitant à
l’autre bout du pays, mais je me demande bien quelles sont les raisons
expliquant cette situation. Et l’effet de cette ligne éditoriale sur les taux
d’audience de la radio francophone.
Deux jours avant viande des grisons, jambon de
parme et saucisson sec.
02 octobre 2007
Aventurière de l’extrême, le retour
Dans mes essais de (ré)organisation d’intérieur, mon
placard à linge sale s’est trouvé orné de deux magnifiques paniers… à linge
sale, donc. Un blanc et un noir. J’avais cru avoir eu une idée de génie lorsque
l’envie m’est venue d’en acheter deux, et de deux couleurs différentes, jusqu’à
mon arrivée à la caisse où un couple copiteur de bonnes idées avait exactement
les mêmes à la main. Grosse désillusion.
Les paniers sont donc soigneusement installés, le noir à
droite, et le blanc à gauche. Histoire de faciliter la transition de femme des
cavernes (rhooo, quand même pas) à celle de working girl parfaite femme
d’intérieur (rhooo, non plus), j’ai commencé par mettre le linge clair dans le
panier blanc, et le linge foncé dans le panier noir. Ne pas trop compliquer
l’affaire, sous peine de risquer la catastrophe. Jusqu’ici ça va.
La première étape d’adaptation ayant été franchie avec un
succès indéniable, de plous en plous difficile, on échange les paniers de
place. Le blanc passe à droite, le noir à gauche. Et là, on peine, on peine. Le
linge clair oscille systématiquement au-dessus du panier noir pour finir dans
le panier blanc après avoir fait circuler les cellules chargées du tri de linge
sale entre les yeux, les mains et le cerveau pour minimum trois tours en
vitesse accélérée. L’effort est surhumain.
Il n’est pas dit que j’arrive à la troisième étape type
mission impossible qui était de mettre le linge blanc dans le panier noir et le
linge noir dans le panier blanc. A moins d’envoyer mon esprit de contradiction
en cure de musculation intense, parce que réussir à faire systématiquement
l’inverse du geste prévu n’est pas d’une évidence absolue. Tout le problème
résidant dans le « systématiquement ».
Trois jours avant l’apparition chérie du bâtiment à
quatre pieds et une tête pointue souvent dans les nuages, qui pare sa dentelle
de métal d’une robe scintillante selon les caprices de l’horloge.
01 octobre 2007
Décibels capricieux
Dans mes recherches sociologiques approfondies, j’ai
découvert un phénomène fort intéressant: pas mal de personnes de ma connaissance
parlent plus fort quand elles parlent anglais que quand elles parlent français.
Dont moi. Cette généralisation ne s’appliquant qu’aux français se voulant
canadiens adoptifs, vu que mon étude du canadien en liberté en milieu
tour-eiffelois laisse sérieusement à désirer.
Travaillant dans un milieu à forte propension de cheveux blancs
sourds comme des pots, parfois dans des environnements bruyants (et pour une
fois je ne parle pas du jazz) et ayant une voix qui porte à peu près autant que
celle d’une souris aphone (dixit mes collaborateurs, personnellement j’entends
fort bien ce que je dis, je ne vois pas du tout de quoi ils parlent !) je
m’époumonne systématiquement dans le cadre du boulot. Proportionnellement au
nombre de cheveux blancs de l’interlocuteur, cela va sans dire. L’accent
n’aidant pas, le volume se doit de compenser.
Petite parenthèse linguistique essentielle : les
francophones parlent de cheveux blancs, les anglophones de cheveux gris. Je me
demande bien pourquoi ! Parler de cheveux blancs est peut-être trop
extrême pour être politiquement correct, qui sait… Je préfère les cheveux
blancs, pour ma part… Linguistiquement parlant et esthétiquement parlant.
Pour en revenir à mes histoires de volume sonore, les
français visitant le Canada trouvent toujours que les restaurants sont
excessivement bruyants, du fait de la musique comme des conversations. Il n’est
pas rare de ne pas pouvoir discuter tant la musique est forte (même dans un
restaurant), or priver mon interlocuteur de ma brillante conversation me paraît
fort cruel. Il est aussi assez fréquent d’entendre des rires venant de la table
du fond dès le seuil franchi, ce qui promet un dîner agité.
Je n’ai pas encore cerné toutes les raisons expliquant ce
phénomène étrange, mais je vais soigneusement continuer mes observations en
milieu hostile (ça fait joli, hostile, très aventurière de l’extrême, n’est-il
pas) et m’inscrire en doctorat de sociologie. Sous peu.
Encore 4 jours avant les plus jolies boucles d’oreille du
monde entier qui m’attendent depuis plus de six mois…