30 janvier 2009
Lutte des classes (II)
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Mon palmarès est plus difficile à énumérer mais non moins
prestigieux : tout ce qui n’a pas encore été attaqué dans la maison
(l’effort est constant mais le résultat probant, j’ai encore un certain nombre
de meubles, de livres et de vêtements – il me reste même des murs, jusqu’ici
tout va bien), une grand-mère chien encore vaillante malgré les innombrables
croche-pattes et autres attaques vicieuses d’Iznogoudette, deux jambes et deux
bras en bon état (car la déstabilisation du pouvoir se compose d’une savante
alternance de sape mentale et attaque physique), et une monstresse encore
vaillante (la sape mentale passant par un certain nombre d’actions kamikazes
suivies d’une manipulation éhontée dont l’élément principal se trouve être deux
grands yeux noirs et une tête penchée avec de grandes oreilles tombantes, le
tout exprimant un désespoir profond auquel nul ne saurait résister).
Les effets secondaires en revanche sont
impitoyables : les promenades frénétiques à toute heure du jour et de la
nuit, échevelée, parfois même en pyjama, des sacs plastiques dépassant d’une
poche et un torchon de l’autre ont définitivement établi ma réputation dans le
quartier. Je suis la terreur des grand-mères et des petits-enfants, les
poussettes changent de trottoir, les propriétaires attrapent leur caniche géant
dans leur bras (véridique !), les joggeurs ralentissent et se collent au
mur… Les cavalcades dans l’escalier en bois qui résonne avec une grand-mère
chien au goût prononcé pour le toboggan et une monstresse adorant remuer la
queue contre la porte de CHAQUE voisin a particulièrement amélioré ma
popularité dans l’immeuble.
Il faut du temps pour mettre des réformes en place et asseoir pouvoir et popularité ; je continue gaillardement le bras de fer tout en peaufinant ma campagne de communication. Un nouveau point sera fait dans quelque temps. De nouvelles élections n’auront ce pendant pas lieu, le pouvoir se voulant absolu.
28 janvier 2009
Lutte des classes (I)
J’ai beau essayer de ne pas trop parler de mes chiens,
c’est presque mission impossible vu le temps que je passe à m’en occuper, et à
y penser, ces temps-ci. Du coup tant qu’on y est, petit topo : les deux
éléments composant la presque meute de la maisonnée sont une grand-mère
caractérielle, sourde et surtout têtue et donc qui prétend ne pas entendre, et
une jeune monstresse qui ambitionne de devenir maître du monde. Après avoir
terrassé avec facilité la grand-mère qui l’ignore et l’évite avec superbe, elle
s’est tout naturellement attaqué à son autre interlocutrice privilégiée,
moi-même. O joie.
C’est donc un bras de fer permanent qui se joue depuis maintenant presque 14 mois, la wannabee calife s’étant tout de même adressée à un adversaire relativement coriace. Je revendique un point d’avance – qu’elle contesterait sans vergogne si on s’avisait de lui poser la question, ce que l’on évitera donc de faire. La partie est malgré tout serrée. A son tableau des victoires se trouvent : un canapé, un soutien-gorge, de multiples pansements (dont la situation de d’origine est sur son ventre, de préférence), du papier peint, quelques plinthes, un panier, de multiples menus de sushis malencontreusement laissé à portée de dents, de multiples cloques (dont la situation finale est sur ma main bien entendu), un sac entier de multiples items de pharmacie comme une boîte de nurofen, quelques boîtes de fil dentaire, des rasoirs (son ambition éclipsant parfois son intelligence par ailleurs brillante), une paire de chaussures, sans compter tout ce que j’ai préféré oublier.
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26 janvier 2009
Petit bilan (II)
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De retour dans ce joli pays qu’est la France, le choc est
rude. Les premières semaines, on continue gaillardement à s’enthousiasmer sur
son travail, ses collègues, son appartement, les embouteillages, les gens qui
râlent dans le métro, les grises mines qui nous entourent… Et puis l’énergie
des lunettes roses commence doucement à faire défaut, être la seule à se
concentrer sur les éléments positifs fatigue, la quinzième remarque dans le
style de « de tout façon, râler c’est dans mes gènes » énerve. Et on
découvre qu’on accueille toute idée un tant soit peu novatrice d’un « ça
ne fonctionnera jamais et puis de toute façon c’est nul et si ça marche c’est
parce qu’on est tous débiles » fracassant… La métamorphose est achevée.
Il est un peu facile de tout mettre sur le dos de mes
compatriotes. La culture et le contexte professionnel sont certainement des
facteurs importants mais ce ne sont pas les seuls responsables, les événements
de cette dernière année ayant été particulièrement difficiles.
Ce bilan étant un peu tristoune, à moi de renverser la tendance. Je suis convaincue que nous sommes tous acteurs mais aussi scénaristes de nos vies, jusqu’à un certain point et surtout en fonction des cartes qui nous sont distribuées. A moi d’aller chercher la bonne humeur et la joie de vivre, où qu’elles soient ! Que la quête commence…
25 janvier 2009
Petit bilan (I)
Je commence doucement à comprendre pourquoi j’ai tant de
mal à écrire… Les sujets autour desquels tourne ma vie sont particulièrement
inintéressants pour un blog : boulot, chiens, famille, et surtout…
complaintes en tout genre (tiens au passage je découvre que
« râlerie » n’existe pas dans la langue française, ce qui me paraît
fort paradoxal !). Je découvre avec grand étonnement que le cliché du
français qui râle, s’oppose à tout, argumente à tout va, refuse d’envisager le
moindre changement avec ne serait-ce qu’un soupçon d’impartialité (ne parlons
même pas d’enthousiasme) est non seulement justifié, mais surtout et à mon
grand désespoir, terriblement contagieux.
Le canadien de la côte ouest étant dans une logique
parfaitement opposée à celle du français (d’où qu’il soit, il me semble que le
phénomène est national) : un positivisme qui touche à la bisounourserie,
où tout est fantastique, phénoménal et surtout « fun ». Le cours de
mathématiques fondamentales : « super fun ». Le
boulot : « awesome ». Le dîner chez Wendy’s (équivalent
d’un Burger King particulièrement populaire aux US et au Canada) :
« fantastic ». La vie là-bas : « best ever » .
Après une année où on se demande où se cache la source de jolis champignons roses, et où on se dit que tout de même un minimum d’esprit critique ne serait pas superflu, on commence à rentrer dans la logique de mise en relief des éléments et événements sympathiques et positifs de la vie, et on se surprend à s’enthousiasmer dans un certain nombre de circonstances pourtant moyennement folichonnes de prime abord.
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