10 avril 2009
Des mondes étranges… (III)
Le plus compliqué à gérer – et le plus frustrant – étant
de gérer les process de chacun de ces mondes. Chaque monde a son logiciel ou
plus généralement, plate-forme de centralisation d’information virtuelle. Ce
qui n’est pas simple à apprendre et à maîtriser, mais enfin soit. Seulement ces
plate-formes n’ont bien entendu aucun lien et sont de toute façon de
philosophie tellement différentes qu’il est difficile d’imaginer une unité ou
une transition automatique de l’information. Il faut donc transférer les infos
récupérées lors de l’étape 1 sur le plate-forme de l’étape 2.
Manuellement. Puis de l’étape 3. Seulement le trou entre 1 et 2 est tel que
l’on se rabat sur son vieil ami excel et que l’on finit par faire 1, 2 et 3 sur
excel. Hérésie processuelle. Donc on guide sur excel, et charge sur 1. Puis sur
2. Et sur 3. Entre temps, 2 est tombé plus ou moins en friche, et 4 est apparu
sur son beau destrier blanc dans le soleil couchant. On est content d’avoir son
fichier excel qui nous permet de remplir 4 assez facilement. Seulement tadam, 2
ressurgit, c’était en réalité encore parfaitement applicable. On soupire et
re-remplit 2. Ah, 3 change de version. Ouf, on n’est pas dans le champ
d’application, fausse alerte. Ah si en fait c’est pour tout le monde. Fausse
joie, soupir, on remplit. 4 est passe le cap et s’automatise. Bim, prière de
toute retransférer sur la nouvelle version. Manuellement. On n’a pas pu
automatiser mais c’est révolutionnaire et très facile d’utilisation. Soupir. On
transfère. Etc, etc, etc.
Petit a. Toute protestation est inutile, au mieux, on a
droit à la démonstration détaillée du pourquoi du comment expliquant à quel
point c’est génialissime. Au pire, on se créé une réputation de grain de sable
anti process.
Petit b. Le faire. Ni trop tôt, ni trop tard. Trop tôt,
ce n’est pas débuggé, tout est destiné à d’abord, planter, puis, évoluer. Trop
tard, on s’attire des foudres du process à l’affût de tout grain de sable.
Petit c. Dénicher les qualités suivantes – ou les
acquérir, au choix. Patience. Energie. Patience. Diplomatie. Patience. Calme.
Patience. Positivisme. Patience. Talents de communication. Patience.
Efficacité. Patience. Philosophie. Patience. Energie.
Petit d. Découvrir que rire du système est le meilleur
moyen de l’apprivoiser. Puis prendre le recul nécessaire pour identifier les
avantages de chaque process, et les utiliser au mieux. Puis identifier les
abérrations de chaque process, et apprendre à faire avec.
09 avril 2009
Des mondes étranges… (II)
Creusons, donc. Ouvrons ces petites boîtes initiatrices
d’un chaos organisé. Dans chaque petite boîte se situe un monde.
Un monde régi selon ses propres règles, et sujet à toutes
les problématiques typiques des mondes : l’évolution, entre autre (et
quelle plaie ce peut être, je déconseille vivement toute évolution trop rapide
car là débute l’enfer des mises à jour. 4.0 est tout juste implémentée que l’on
découvre que 6.2 est maintenant en vigueur. Et de mise. Etait d’ailleurs
recommandé et facultatif jusqu’à il y a un mois. La déduction en découlant
étant que cela fait un mois que l’on bafoue règles et process, en toute
impunité).
La restructuration aussi, avec des problématiques assez
similaires à l’évolution, mais appliquées à cet élément malléable qu’est
l’humain et non plus à des logiciels et des process. Phénomène difficile à
vivre pour les petits pions dans la boîte, et compliqué à gérer pour les interlocuteurs
à l’interface de la boîte. Demande à A. A a disparu. Recherche, recherche, il
existe un B. B refuse de te répondre. Amadoue, amadoue. B accepte de te
répondre. B ne sait pas. B ne connaît pas le nom de C mais pense qu’il existe
un C. Recherche, recherche. C se demande qui est B. C t’informe qu’après
recherche, parler à B est hors process. C aimerait savoir qui est la personne
t’ayant dit qu’il était possible de parler à B. Amadoue, amadoue. C pense que D
pourra te répondre, en tout cas il est certain que D est l’interlocuteur défini
par le process. Recherche, recherche. D te renvoie vers A. A a disparu…
La guérilla. Les grèves. Les apocalypses. La politique.
Un rythme propre. Un vocabulaire précis. Un ton particulier. Un moyen de
communication préférentiel. Liste non exhaustive.
(...)
08 avril 2009
Des mondes étranges… (I)
Mon boulot est multiple et varié et a tout plein de bons
côtés auxquels on s’attache, mine de rien, seulement on ne peut ignorer tout à
fait ses idiosyncrasies. Une des étrangetés les plus frappantes étant le
délirium qui s’empare de plus en plus de tout plein de gens estimant qu’il faut
cadrer, structurer, organiser, border et surtout, surtout rester à la pointe en
optimisant, optimisant, optimisant. En oubliant complètement et absolument
qu’unifier, c’est pas mal, aussi.
Joie des boîtes matricielles, cette magnifique invention
à l’origine des interfaces. Une matrice, c’est simple, cela consiste en tout
plein de petites boîtes bien rectangulaires les unes à côté des autres. Qui
changent en fonction des éléments les constituant. Un phénomène à cheval entre
la philosophie et les mathématiques fondamentales : le contenant définit
le contenu et pour autant n’existe que de par la définition et l’existence de son
contenu qui lui-même redéfinit son contenant. Comme toute théorie qui se respecte,
la définition est simple, l’application imparfaite. Toute formule physique ou
mécanique en est l’exemple type : on commence par apprendre la formule
dans l’hypothèse d’un monde parfait, et on la réapprend itérativement, chaque
itération rapprochant la formule parfaite et donc tout à fait fausse, de la
modélisation du réel – et la compliquant donc incroyablement à chaque étape de
ce processus.
Tout cela pour en venir au fait assez simple que les
boîtes qui se veulent alignées soigneusement et proprement les unes à côté des
autres se chevauchent bien évidemment, et laissent parfois des espaces entre
leurs angles. D’où la gestion des interfaces. Ou comment passer d’une petite
boîte à une autre. Sans rater les espaces laissés vacants, et en prenant en compte
les chevauchements pour que les process (mon mot préféré du corporate world)
soient respectés selon les règles de chaque petite boîte.
Jusqu’ici, tout va bien, la situation me paraît claire,
limite simpliste.
(...)
07 avril 2009
...
Les paroles sont parfois superflues.
06 avril 2009
Il est de ces voyages…
Et celui-ci fut un de ceux-là. Il ne dura qu’une grosse
semaine, et pourtant il me parut en durer trois. C’est un voyage qui me fit, me
fait et me fera réfléchir pour encore un bon moment, et sur tellement de
niveaux.
Découverte d’une ville magique, accueillante,
chaleureuse, une ville où je suis arrivée un peu précautionneuse et dans
l’expectative et où il ne fallut qu’un jour pour que je souhaite y poser mes
valises un moment. J’aimerai habiter à Rio, un jour. Au moins y vivre un moment,
si ce n’est pas quelques mois au moins quelques semaines, prendre le temps de
vivre au rythme de la ville et de m’y créer des habitudes. Ces habitudes
précieuses qui font que l’on s’apprivoise, la ville et moi.
Ce voyage m’a remémoré tous les endroits où j’aimerai
habiter, un jour. San Francisco, Rio,
Lisbonne. New-York, Londres, Berlin. Rome,
Barcelone. Bruxelles. Vancouver, Montréal. Portland. Marrakech. Paris. Il est
bon de se rappeler de ses rêves, de se rappeler qu’ils existent. Qu’ils sont possibles.
Et qu’on en vit déjà un dont on sait pourtant si mal profiter.
Ces quelques jours de découverte m’ont permis de
découvrir et re-découvrir mes chers compagnons de voyage, ce n’est pas rien. Il
est bon de réfléchir à ces mécaniques si précieuses et fragiles ainsi qu’au
rôle que l’on y joue. Remettre en question des réflexes pas toujours heureux.
Comprendre l’espace de chacun. Profiter de tous ces échanges. Me voilà avec de
quoi réfléchir pendant quelque temps…
Ce fut aussi un voyage un peu magique de par son essence
même, un mariage au bout du monde, perché sur une colline au soleil couchant, avec
une assemblée assez fascinante. Je suis toujours un peu déconcertée par la
perfection, j’ai tendance à trouver couacs, imperfections et vulnérabilités essentiels
et attendrissants. La perfection manifeste de ce mariage ainsi que de ses
convives m’inquiéta un instant jusqu’à ce que l’émotion manifeste du marié me
rassure ! Ce fut un très beau mariage, avec beaucoup de jolies rencontres.