30 janvier 2008
Glamouritude (*) extrême (II)
Quant à la promenade du chien, quelle vaste rigolade. Imaginez la scène. Je
promène les deux chiennes (le bébé avec laisse et la grande sans laisse, ouf,
ça limite un peu la casse en terme de tricot) le matin à l’aube, en pyjama (comme
quoi 5 ans et demi au Canada ont laissé plus de traces qu’il n’y parait), les
cheveux ébouriffés et le visage gonflé. Mon niveau de glamouritude laisse déjà
très clairement à désirer, je vous l’accorde. Et voilà que le bébé chien tout
mignon tout choupinet se réincarne en monstre qui tire sur la laisse, s’arrête,
descend du trottoir, se jette dans les pattes de la grande chienne, s’enroule
autour de mes pieds version momie ou comment te faire tomber le plus rapidement
possible, se glisse par tous les endroit où un microbe haut comme une pomme et
demi et à quatre pattes passe sans problème tandis que le spécimen pseudo
humain d’un mètre soixante-quinze qui se trouve être au bout de la laisse et si
possible sur deux pieds ne peut y songer… Spécimen humain qui n’a pas encore
complètement renoncé à éduquer ledit monstre, et donc alterne entre la harpie,
le clown de service, et la mémère qui parle à ses chienchiens. *Sigh*. Histoire
de compléter le tableau et porter l’estocade à la glamouriture, étant une
citoyenne presque consciencieuse et n’appréciant ni les trottoirs souillés ni
les PVs plus que salés, je ramasse les excréments et me balade donc ne
ressemblant à rien, une chienne au bout d’une laisse au bout d’un bras, une
deuxième chienne supposément au bout de ma voix et un sac de merde au bout de l’autre
bras. Mmmmm, qué bonheur. Je pense que le type qui m’adresse la parole dans ces
circonstances risque fort de récolter un regard éberlué et méfiant face à tant
d’inconscience ! Sans compter que je suis tellement occupée à « gérer »
les chiennes qu’il y a une chance non négligeable que je ne remarque même pas
que l’on m’adresse la parole…
(*) Expression que je me suis permis d’emprunter ici tant elle me parle…
29 janvier 2008
Glamouritude (*) extrême (I)
Si j’ai bien retenu les b-a-ba des conseils pour célibataires ne souhaitant pas nécessairement le rester (que ces conseils soient prodigués par un magazine prenant soin d’une
partie non négligeable de son lectorat ou du manuel du petit-castor-devenue-pseudo-célibattante), en dessous du « faire les courses maquillée et en
talons aiguilles, qui sait, peut-être votre prince charmant se trouve t-il au
milieu des laitues » se situe le « promener son chien d’un air
nonchalant et sophistiqué, oser risquer les œillades langoureuses auprès de la
population masculine peuplant le trottoir au moment-dit ». Quelle blague !
Les laitues ne m’ont jamais terriblement convaincue, étant donné que j’ai naturellement tendance à prendre l’air méchant et à ronchonner lorsque je fais mes courses, tant la corvée m’enthousiasme. Et tant je suis concentrée pour essayer de ne pas oublier un des produits de la liste de oh, allez, dix produits au moins. Ce qui n’est pas évident, je vous assure. La seule fois où j’ai bien ri avec un comparse shopper de l’extrême, c’est le jour où mes deux mains gauches ayant encore frappé mon pied droit m’a sauvé la mise : j’ai fait tomber un paquet de thé (ou autre), et en essayant de le rattraper au vol le paquet s’est mis à rebondir, faire des sauts périlleux et galipettes arrières jusqu’au moment où mon pied droit, d’un mouvement gracile, s’est interposé sur sa trajectoire et a réussi je ne sais comment à renvoyer le paquet sur l’étagère, presque comme si de rien n’était. Le jeune homme innocent qui regardait le café à côté était fort impressionné – et je dois dire que moi aussi.
A suivre !
22 janvier 2008
Monstre presque volant parfaitement identifié
Depuis le 23 décembre 2007 (jour historique s’il en est), un bébé chien
nous a débarqué sur le poil. Le plus mignon des bébés chiens du monde, bien
évidemment, mais aussi le plus vicieux, têtu, agité etc etc des bébés chiens.
Et je découvre donc la vicissitude des bébés beaucoup trop mignons qui usent et
abusent de leurs charmes pour nous faire tourner en bourrique. Je découvre le
sentiment de panique absolu que le silence peut procurer – plus je mets de
temps à « entendre » le silence et plus la bêtise est énorme – , je
découvre le coup du battement de cœur qui saute quand je la vois arriver avec
un objet particulièrement précieux et/ou fragile dans la gueule (toute fiérote,
bien évidemment), et je découvre la lassitude que peut engendrer le fait de
prononcer le mot « non » deux millions de fois par seconde.
Ainsi que le sentiment d’avoir vieilli de 40 ans au bas mot, vu la décrépitude
de mon vocabulaire « assis, non, doucement, non, viens-ici, non, nooooon,
non, descend, va chercher, apporte, non, noooon , arrête, non »….
Pfff. Les discussions philosophiques s’en sont pris un grand coup dans la
figure, c’est moi qui vous le dit !
Interlude pacifiquesque
Histoire de ne pas faillir à ma réputation de jet-setteuse internationale,
me voilà de retour à Paris après deux semaines passées dans ma petite ville de
bord de mer préférée. Oui oui, j’ai nommé mon Demi-Chez Moi de la côte Ouest
canadienne. Séjour éclair de deux semaines pendant lesquels j’ai accompli ce
que je ferais normalement en trois mois minimum, étant une fervente adepte du
principe « une mission par jour ». Et vu qu’on bosse chaque jour, ça
ne laisse que le week-end ou presque. Et comme le week-end, se lever, s’habiller
et se doucher (dans les grands jours) sont des exploits en soi, le sentiment d’auto-satisfaction
devant le devoir accompli arrive généralement sans trop d’efforts.
J’ai donc réussi à casser ma voiture, la réparer (enfin plus exactement à
donner tout plein de jolis billets de toutes les couleurs à un monsieur par
ailleurs charmant pour qu’il la guérisse), casser mon ordinateur, le réparer
(enfin plus exactement à demander à un charmant monsieur du service
informatique de le réanimer), à aller dire bonjour aux américains d’à côté pour
officialiser mon statut d’extra-terrestre, à voir tout plein d’amis, à faire du
bateau (et puis un vrai avec trois coques, il paraitrait que les unijambistes
seraient des usurpateurs), à mettre tout mon petit chez-moi en boîte pour
rendre sa liberté à mon gentil appart’ qui commençait à s’ennuyer ferme, etc,
etc, etc.
Faire le grand écart au-dessus de l’atlantique (et d’un continent) est tout
un art, je vous assure. Ceci dit, j’ai maintenant acquis le statut très
recherché de couch-surfeuse, que demander de plus.
13 décembre 2007
Etude en terrain hostile
J’ai trouvé un nouveau jeu ces temps-ci : évaluer le
potentiel de futur gendre de ma maman de la faune hospitalesque. Si si, quand
on relit bien la phrase à l’envers elle est très logique et a même un sens pas
caché du tout. Alors les internes d’une heure du matin ont un potentiel très,
très, très bas. Il faut bien l’avouer. La tête endormie et les cheveux en
bataille auraient pu leur faire gagner des points, mais le cerveau endormi dans
la tête et sous les cheveux ont fait descendre l’ensemble dans des abysses
infréquentables. Les internes de jour en revanche trichent avec leurs cheveux
roux pétard et leurs lunettes à monture épaisse qui cachent un petit peu le
visage. Il y a du potentiel ceci dit, à garder en mémoire. Le meneur du moment
étant le professeur tout à fait charmant (je ne sais pas s’il est professeur
mais on va faire comme si, autant lui donner du galon tant qu’on y est). Le
léger bémol étant les quelques années qui nous séparent, mais je vieillis dans
dix jours, je suis sur le bon chemin !
Les jeunes femmes du coin étaient aussi tout à fait
charmantes (et même sympathiques pour celles que j’ai eu le plaisir et l’honneur
d’interviewer), seulement je dois dire qu’en tant que gendre elles ne feront
guère l’affaire. Et mon frère étant désespérément fidèle, il a fait semblant de
ne rien remarquer du tout. Mmmm.
20 septembre 2007
Soirée (presque) sportive
Voilà quelque temps que je cherche à me (re)mettre au
sport, vu que toutes mes bonnes résolutions (qui étaient même passées au stade
d’habitudes !) nulle-partiennes se sont évaporées devant les lumières de
la ville. Et voilà que l’autre jour une amie me convainc, je ne sais toujours
pas comment, à m’inscrire dans son cours de capoeira. Le tout un jour où elle
ne pouvait plus marcher tant elle était moulue de courbatures. Je crois que
l’euphorie liée à la découverte d’une crêperie bretonne en plein Demi-Chez Moi
(et les effets secondaires liés au vrai cidre de vraie Bretagne, incidemment) a
joué un rôle certain dans cette histoire. Ça ne pouvait que mal finir.
14 septembre 2007
Course trébuchante
J’ai fait une expérience de physique très intéressante
(d’appellation contrôlée) hier soir : les enfants courent moins vite sur
le sable que sur le béton. C’était rigolo comme tout, il y avait pas mal de
familles qui assistaient au coucher de soleil sur la plage en guise de
promenade d’après-dîner, je suppose, et un p’tit bout d’chou d’environ un an et
demi trottinait sur la plage. Super mignonne avec des cheveux blonds, un grand
sourire à moitié édenté, un ensemble marron et rose, et marchant comme une
enfant qui vient de découvrir la magie de l’équilibre, en s’élançant, profitant
de son élan pour rester en équilibre et tenant à peu près debout tant qu’elle
avançait, mais s’effondrant tête la première dès la première tentative de
ralentissement.
12 septembre 2007
Dis... Dis...
J’ai assisté à une scène digne d’un mauvais film hier,
c’était terrible. J’ai bien failli m’étouffer de rire par contre, ce qui n’est
pas très très poli, il faut bien l’avouer. Je me balade dans une librairie
quand j’entends une voix qui se veut petite fille ingénue s’écrier « I
love this bookstore. » (pause soupir qui se veut très romantique –
j’imagine) « I love books ». Le tout d’une voix très forte, très pointue,
et très… comment dire… fausse ? Je me retourne d’un bond (réflexe tout à
fait incontrôlé), et me retrouve nez à nez avec une fausse blonde évaporée qui
voudrait faire croire qu’elle a tout juste vingt ans et qui s’habille à
l’avenant. Fausse blonde, certainement… Fausse évaporée… c’est plus difficile à
déterminer ! Faux bronzage, sans doute… Son comparse (un homme habillé un
peu n’importe comment et qui doit frôler les 70 ans, dans le rôle de
l’intellectuel riche et vieux – ou vieux et riche, selon les cas) répond d’une
voix grave et tremblotante « Really ? ». Elle voit mon air
abasourdi et certainement plus que dubitatif face à cette déclaration d’amour
légèrement surfaite, souri d’un air gêné, change de rayon, et répond
« Yes, I just love everything beautiful ». C’est à ce moment que le
fou rire s’est emparé de moi. Ce n’était pourtant que le début.
« I just ordered twenty books from Amazon. »
« Oh really, where are they? »
« At my house. »
« Oh let’s go to your house then... »
Telle est prise qui croyait prendre
Comment traduire « I should have known
better ». Grave question. J’imagine que ce qui se
rapproche le plus du sens, c’est « J’aurais dû le savoir ». Je
n’étais pas partie pour disséquer tous les mérites du thème et de la version,
seulement cette expression anglophone m’est passée par la tête au moment où je
m’apprêtais à relater mes dernières aventures palpitantes, allez savoir.
10 septembre 2007
Un dimanche matin comme un autre
Alors ce matin, petite
expérience très intéressante : premier cours de soudure. Voui je prends
des cours de soudure le dimanche matin, tôt, si tôt, allez savoir. Une amie a
lancé l’idée, j’ai trouvé ça suffisamment débile pour être partante, et je
crois que l’émulation mutuelle a fait que ni l’une ni l’autre ne s’est
dégonflée, on était toutes les deux très sages, une torche à la main, ce matin
à 9h30 après une heure de cours théorique – ou plutôt de « si vous faites
ça ça explose, si vous faites ça ça fait mal, si vous faites ça ça
brûle… ». Kaï kaï kaï.
En me levant vers 6h30,
j’avais trop la tête à l’envers pour vraiment réaliser. Quand je suis passée
chercher mon amie j’avais toujours la tête à l’envers mais commençais doucement
à faire ma kéké (« mais tout va très bien aller, c’est rigolo, allez, pas
de souci on gère »), dans la salle de cours j’étais en terrain connu, mais
une fois la torche à la main, alors là, tout de suite je rigolais moins. On
allume le gaz, puis on fait une étincelle et ça fait PPPOOOOFFFFF en
s’allumant, puis on règle la flamme, puis on allume l’oxygène, et puis on règle
la flamme. Le tout sans laisser tomber la torche, avec les lunettes fumées sur
les yeux, et sans se brûler. Bah oui ça serait bête quand même. Et sans diriger
la flamme vers son voisin, ni vers son professeur d’ailleurs, un peu de
retenue.
Sans faire le récit détaillé
de toutes les étapes nécessaires pour faire une soudure à l’oxyacétylène (la
technique de cette semaine, j’aime bien utiliser des grands mots – sans avoir
la moindre idée de la traduction en français, mais avec les accents on arrive
presque à y croire), le bilan de la matinée est assez joli. Le petit doigt de
mon gant gauche a pris feu (heureusement ça pue donc j’ai pu éviter le
désastre, que voulez-vous mon petit doigt est trop petit ou le gant trop grand,
et j’ai beau plier les doigts le gant ne veut rien entendre). J’ai confondu un
morceau de bois avec une brique, et autant la brique fond quand on insiste un
peu, autant le bois brûle sans insister du tout. Et j’ai attrapé un morceau de
fer qui n’avait pas du tout, mais alors pas du tout eu le temps de refroidir.
Très mauvaise idée, maintenant je ne touche plus rien sans gants vu que le
métal ne te dit pas s’il est chaud, cet imbécile. Sauf quand il est rouge mais
alors là même avec gants je ne le touche pas, honnêtement. Mais. J’ai encore
tous mes sourcils et tous mes cheveux, j’ai attaché plein de plaques de métal
ensemble et je suis trop trop fière de mes œuvres que je vais rapporter en France
pour les exposer sur la cheminée de ma maman (d’abord), ET mon prof m’a montrée
en exemple à mon voisin, c’est trop la classe.
Maintenant j’ai des super
pouvoirs, c’est tout!