Avec l’automne et octobre arrive bien évidemment
Halloween. Cette fête dont on n’a jamais vraiment saisi toutes les nuances en
France… Je crois en avoir déjà parlé l’année dernière mais je ne me suis
toujours pas remise des déguisements. Pour moi Halloween c’est sorcières,
monstres, squelettes, fantômes et compagnie. Tout ce qui fait peur, donc. Alors
qu’en réalité ici, Halloween c’est ce que l’on veut. Superhéros, personnages de
BD, de films, rouleau de PQ (non là c’est moi qui fait du mauvais esprit – mais
ça pourrait, hein, ils n’y ont juste pas pensé !) etc. Et quand on est du
sexe féminin et qu’on a entre 20 et 30 ans, il est bien vu de se déguiser (au
moins une année) en lapin playboy (si vous voyez bien, la nuisette rose
transparente, le serre-tête en fourrure rose avec des oreilles de lapin et le
pompon rose sur les fesses, menfin), en infirmière d’un style particulier avec
décolleté pigeonnant et bas résilles, en maîtresse d’école pour petits garçons
pas sages d’une quarantaine d’années, la liste est longue. J’aurais raté mon
rite de passage Halloweenesque, parce que je ne me suis pas encore décidée à
suivre cette tradition. Et sans vouloir dire jamais au grand jamais, je ne suis
pas convaincue que ce jour arrive.
Ce qui est sympa cette année c’est qu’Halloween tombant
en milieu de semaine, il y a des soirées à thème d’Halloween le week-end
d’avant, le week-end d’après, et peut-être même que des ‘tits nenfants vont
sonner à la porte mercredi soir pour m’extorquer force sucettes et bonbons…
Cette possibilité est plus que faible, vu que j’habite dans un immeuble de
petits apparts sans le moindre enfant (je n’ai pas regardé mon bail en détail
mais je ne serais pas surprise que la liste des interdits soit « interdit
de fumer, pas d’animaux, pas de parfum, pas d’enfants ». Si si ils
interdisent le parfum par ici parfois. Et les enfants. Et la cigarette. J’adore
ce genre d’assimilations.). Ceci dit ne pouvant courir le risque de décevoir
quiconque sonnerait à ma porte, il va bien falloir que je dévalise les magasins
de bonbons c’est certain. Quel dommage.
03 octobre 2007
Mœurs radiophoniques
Un des sujets qui m’avait frappé du temps de Nulle-Part
était l’omniprésence de la politique québecoise sur les ondes francophones en
Alberta. J’étais assez étonnée de voir que la politique de la province dans
laquelle la radio se situait était relativement dans l’ombre au profit d’une
province pourtant bien loin géographiquement. Et je suis encore plus étonnée de
voir que la situation est identique à Demi-Chez Moi.
J’habite dans une des plus grandes villes canadiennes (et
il n’y pas des masses de grandes villes canadiennes) où la communauté
francophone est suffisamment importante pour justifier que la radio francophone
ait ses propres émissions animées par des animateurs locaux, dans des studios
locaux… pour parler de politique québecoise. De politique locale aussi, mais je
pense que si je me mettais à compter le temps de parole, la politique québecoise
prendrait peut-être la moitié du temps, si ce n’est plus, la scène
internationale aurait sans doute droit à un quart, et la politique locale le
quart restant. Et j’ai du mal à comprendre le pourquoi du comment.
Je devrais me renseigner un petit peu sur la population
francophone locale, afin de déterminer la proportion de québecois, de français,
de belges, de sénégalais, d’haïtiens etc etc. Et de francophones nés ici, vu
qu’il y a des communautés francophones implantées dans la région il me semble.
La radio est nationale avec des antennes locales ce qui explique qu’elle ne
s’intéresse guère aux politiques française ou belge (peut-être un tout petit
peu plus que la radio anglophone quand même), mais j’aimerais bien savoir si un
francophone de l’ouest canadien s’intéresse aux querelles syndicales au fin
fond des régions au Québec et se sent concerné par les élections des petites
communautés autour de Montréal.
Dans l’ensemble, je ne m’accommode pas trop mal de la
situation sachant que je découvre la culture québecoise bien qu’habitant à
l’autre bout du pays, mais je me demande bien quelles sont les raisons
expliquant cette situation. Et l’effet de cette ligne éditoriale sur les taux
d’audience de la radio francophone.
Deux jours avant viande des grisons, jambon de
parme et saucisson sec.
01 octobre 2007
Décibels capricieux
Dans mes recherches sociologiques approfondies, j’ai
découvert un phénomène fort intéressant: pas mal de personnes de ma connaissance
parlent plus fort quand elles parlent anglais que quand elles parlent français.
Dont moi. Cette généralisation ne s’appliquant qu’aux français se voulant
canadiens adoptifs, vu que mon étude du canadien en liberté en milieu
tour-eiffelois laisse sérieusement à désirer.
Travaillant dans un milieu à forte propension de cheveux blancs
sourds comme des pots, parfois dans des environnements bruyants (et pour une
fois je ne parle pas du jazz) et ayant une voix qui porte à peu près autant que
celle d’une souris aphone (dixit mes collaborateurs, personnellement j’entends
fort bien ce que je dis, je ne vois pas du tout de quoi ils parlent !) je
m’époumonne systématiquement dans le cadre du boulot. Proportionnellement au
nombre de cheveux blancs de l’interlocuteur, cela va sans dire. L’accent
n’aidant pas, le volume se doit de compenser.
Petite parenthèse linguistique essentielle : les
francophones parlent de cheveux blancs, les anglophones de cheveux gris. Je me
demande bien pourquoi ! Parler de cheveux blancs est peut-être trop
extrême pour être politiquement correct, qui sait… Je préfère les cheveux
blancs, pour ma part… Linguistiquement parlant et esthétiquement parlant.
Pour en revenir à mes histoires de volume sonore, les
français visitant le Canada trouvent toujours que les restaurants sont
excessivement bruyants, du fait de la musique comme des conversations. Il n’est
pas rare de ne pas pouvoir discuter tant la musique est forte (même dans un
restaurant), or priver mon interlocuteur de ma brillante conversation me paraît
fort cruel. Il est aussi assez fréquent d’entendre des rires venant de la table
du fond dès le seuil franchi, ce qui promet un dîner agité.
Je n’ai pas encore cerné toutes les raisons expliquant ce
phénomène étrange, mais je vais soigneusement continuer mes observations en
milieu hostile (ça fait joli, hostile, très aventurière de l’extrême, n’est-il
pas) et m’inscrire en doctorat de sociologie. Sous peu.
Encore 4 jours avant les plus jolies boucles d’oreille du
monde entier qui m’attendent depuis plus de six mois…
24 septembre 2007
Mathématiques sans stylistique, ce coup-ci (II)
Pour en revenir aux pieds et aux
pouces, le comble du comble est que l’on utilise des fractions, et non des
virgules comme tout le monde. On dit donc 6 ¾ pouces et non 6,750. Pour ¾, ça
va, seulement on utilise aussi les 8ème , 16ème , 32ème
et même parfois 64ème. Qui peut me dire à quoi correspond 6 7/32
pouces, sérieusement ? Alors pour récapituler (et vous faire partager mon
désaccord profond avec ce système à ne pas s’en sortir), 1 pied 6 pouces c’est
aussi 1,5 pieds, ou 18 pouces. Voilà voilà voilà. Simplissime. Là où je
m’incline, par contre, c’est que tous les canadiens ayant grandi et travaillé
avec le système impérial savent soustraire et additioner des pieds, des pouces
et des fractions de pouce et ce, avant même que j’ai eu le temps d’allumer ma
calculatrice. Vous savez calculer 1 pied 3 5/32 pouces moins 2 8/64 pouces de
tête, vous ? Moi pas. Eux si. Respect…
Les côtés amusants de cette
cohabitation forcée (et en dépit de mon plein gré), ce sont les aspects
commerciaux de l’histoire. Les prix des fruits et des légumes sont toujours
affichés en dollars par livre, vu que ça paraît moins cher qu’en dollars par
kilogramme (un kilogramme équivaut à 2,2 livres). En revanche le prix à la caisse
est en dollars par kilogramme. En théorie ça devrait être le même, mais je ne
sais pas qui prend le temps de diviser le prix sur son ticket de caisse par 2,2
pour le comparer au prix affiché.
Les
côtés beaucoup, mais alors beaucoup moins amusants en revanche, ce sont toutes
les erreurs causées par ce système à deux visages. Il y a les erreurs
évidentes, comme de confondre Fahrenheit et Celsius et faire brûler je ne sais
quoi. Quand c’est un gâteau cela reste anecdotique (et encore), quand c’est
lors d’une expérience chimique les conséquences peuvent être fort désagréables…
et coûteuses. Et puis il y a les erreurs moins évidentes… Chaque système a ses
propres standards et les deux ne sont pas toujours compatibles. Comme des
tailles de draps par exemple, un drap simple en Amérique du Nord n’est pas de
la même taille qu’un drap simple en Europe, et ils ont beau être tous les deux
des draps simples, ils ne sont pas nécessairement interchangeables (je prends
les draps à titre d’exemple, je ne sais pas trop à quel point ils sont
différents). Transposez cette logique à des équipements de précision… et vous
avez un aperçu des erreurs qui peuvent être occasionnées simplement à cause des
unités utilisées.
23 septembre 2007
Mathématiques sans stylistique, ce coup-ci (I)
Le Canada a adopté le système
métrique il y a déjà quelques années (en 1986, pour être exact, merci
internet !), par opposition au système impérial. Seulement depuis, au lieu
d’avoir changé de système… ils utilisent les deux. Et pour moi, petite
française bienheureuse ayant toujours vécu avec un système d’une logique et
d’une simplicité imparables (et ayant le mérite d’être unique), c’est un chaos
inimaginable. Et je reste politiquement correcte, n’habitant pas en Colombie
Britannique pour rien.
Histoire d’expliquer un peu ce
à quoi je fais référence, le système métrique est le système d’unités utilisé
en France (et dans beaucoup, beaucoup de pays) à savoir mètre, kilogramme,
degrés Celsius, Pascal, Joules, etc etc. Le système impérial (que je connais en
anglais, je vais tout de même essayer de traduire) comprend les pieds (feet) et
pouces (inches), les livres (pounds), degrés Fahrenheit, livre par pieds ou
pouces carrés (psi ou pounds per square inch), unités thermiques britanniques
( ???) (Btu ou British thermal units), etc etc.
Le système métrique est
relativement simple vu qu’il est décimal (en based 10) : un kilomètre est
1000 mètres, un kilogramme 1000 grammes etc etc. Il y a quelques exceptions où
différentes unités sont utilisées pour désigner une propriété, comme les
calories et les Joules pour la chaleur seulement ça reste des exceptions.
Le système impérial en
revanche, quel imbroglio ! C’est du grand n’importe quoi. En réalité pas
vraiment sachant qu’il y a une explication historique à toutes ces mesures,
mais dans notre âge qui se veut moderne, quelle plaie. Un pied fait douze
pouces, par exemple. Pas dix, mais douze. Allez compter en système duodécimal
(en base 12)… Même en informatique on ne s’y essaie pas, on se cantonne au
binaire, décimal et hexadécimal, et ce n’est déjà pas toujours évident.
L’ironie est tentante et
j’aimerais croire qu’ils ont oublié de distribuer la circulaire annonçant le
changement officiel de système, seulement je crois que la raison pour laquelle
les deux systèmes se côtoient (et continueront de se cotoyer) est relativement
simple : le Canada est à côté (au-dessus et en-dessous, pour être précise)
des Etats-Unis, et les échanges commerciaux entre les deux pays sont innombrables.
Les Etats-Unis utilisant uniquement le système impérial (et ne connaissant rien
au système métrique !) et n’ayant aucunement l’intention de changer pour
s’adapter au reste du monde (voui pourquoi faire, je vous le demande), les
canadiens se doivent de connaître le système impérial. La pression pour
abandonner le système impérial est donc nulle, au contraire… J’ai beau pester,
râler et traiter ce sytème impérial de tous les noms, il n’en reste pas moins
que je suis obligée de l’utiliser dans le cadre de mon boulot, et que je finis
par le connaître suffisamment pour trouver que la conversion systématique en
métrique est non seulement longue, mais en plus dangereuse car augmentant les
risques d’erreur… Non non ce n’est pas du vécu, menfin. Hum.
Du coup la vie quotidienne
n’est qu’à moitié passée au système métrique. Les médecins vous pèsent en
livres et vous mesurent en pieds et pouces. Les compteurs kilométriques et les
panneaux de limitation de vitesse sont en km/h. Les températures sont
généralement affichées en Fahrenheit et en Celsius. Et tout est à l’avenant…
A suivre… Le sujet est
suffisamment indigeste pour mériter une pause.
21 septembre 2007
...
Moi qui trouvais que Demi-Chez Moi brillait par son
absence d’aventures palpitantes… En rentrant chez moi hier, je passe à côté d’une
voiture avec la portière ouverte et que vois-je… un superbe spécimen masculin à
demi nu ! Le jeune homme se changeait en plein milieu de la rue (côté
voitures, je ne crois pas qu’il ait très bien réalisé les réactions possibles
des conductrices qui passaient par là… Ou alors il avait fait un pari avec un
ami et comptait le nombre de cabossages qu’il provoquait) et paradait
tranquillement en chaussettes et boxer long. Et c’est tout. Presqu’en plein
milieu de la rue. J’ai éclaté de rire dans ma voiture et le jeune homme a
grimacé un sourire, il a peut-être réalisé le côté ubuesque de la situation en
voyant mes yeux ronds... Finalement je crois que les hommes à moitié nus
déambulant dans les rues valent bien les ours dans les supermarchés, 1-0 pour
Demi-Chez Moi !
Une amie de Hong-Kong (que j’ai rencontrée dans un
pensionnat anglais il y a bien 13 ou 14 ans – ne posez pas de questions, c’est
compliqué !) est venue au Canada en vacances avec sa sœur pour deux
semaines.Elles ont vadrouillé la
première semaine, puis ont débarqué chez moi pour quelques jours. On est parti
en voyage pour le week-end, histoire de continuer un petit peu les explorations
– je suis toujours partante pour trouver des excuses me permettant de ne pas
travailler un lundi.
Et au cours de notre escapade de trois jours, j’ai
découvert un fait bouleversifiant. On a une idée de la mode totalement
opposée : pour être à la pointe de la branchitude au Canada (et en France,
pour une fois ces deux-là sont d’accord), il faut être le plus bronzé(e)
possible. Bronzage uniforme et parfait, bien entendu. Alors que l’appartenance
aux gens « in » à Hong-Kong… est basée sur l’inverse. Il faut être le
plus pâle possible. Je devrais aller là-bas, avec ma peau fluorescente de
blancheur, je serais dans mon élément!
Seulement malgré mon ouverture d’esprit légendaire, je
n’ai pas pu m’empêcher de rire quand mon amie et sa sœur se sont mis de la
crème solaire dans la voiture. Fenêtres fermées. Elles ont raison ceci dit, un
magazine hautement scientifique (Cosmo pour ne pas le nommer) m’a appris que
les vitres ne protégeaient pas de tous les rayons. Mais ça m’a quand même fait sourire,
on ne se refait pas. Je n’ai pas non plus réussi à réprimer un sourire quand la
sœur de mon amie s’est mise à se balader avec son énorme veste polaire en guise
de couverture pour se protéger du soleil, ce par 35°C minimum…
On est vraiment bizarre, tous autant que nous sommes, à
nous arrêter sur des critères aléatoires établis par je ne sais qui pour je ne
sais quelle raison – et qui ont une fâcheuse tendance à nous imposer une ligne
de conduite pas nécessairement désirée.
17 avril 2007
Roulements de tambour…
… grande nouvelle s’il en est : une boutique H&M
vient d’ouvrir à Edmonton !!! C’est la boutique la plus à l’Ouest du
Canada, et donc la plus accessible à mes petites menottes… Certes, certes, 5
heures de route aller et 5 heures de route retour paraissent bien excessives
pour une malheureuse boutique de rien du tout que l’on trouve à tous les coins
de rue en France. Seulement normalement, j’attends de rentrer dans mon centre
du monde préféré pour enfin compléter ma garde-robe maigrichonne (si si,
maigrichonne, je maintiens). Donc 5 toutes petites heures de route comparées à
12 heures d’avion, c’est un rien une paille, non ? Mais si. De plus, j’ai
vaillamment affronté ces mêmes 5 heures de route pour un match de hockey. Et
moi je dis, ce qu’une femme peut faire pour un match de hockey, elle peut le
faire pour une boutique.Bon, pour le moment ça ne reste qu’une idée débile, il me
reste à voir si je la mets à exécution. Les paris sont ouverts !
10 avril 2007
Un peu de sérieux, que diable !
N’importe quoi, mais alors, n’importe quoi ! Au
déjeuner aujourd’hui ils ont essayé de me faire croire que c’était un lapin qui
cachait les œufs en chocolat dans le jardin, à Pâques. Ils ont même utilisé
l’argument qu’ils ont cru irréfutable de la petite fille d’une collègue qui lui
a dit : « Quand même, le lapin de Pâques, il est vraiment désordonné,
il en a mis partout, c’est incroyable ! ». Bien essayé, je dois dire,
mais on ne me la fait pas à moi. Même si elles n’ont pas trouvé Nulle Part, je
sais bien que ce sont les cloches de Pâques qui apportent les œufs en chocolat,
pas un lapin. J’ai beau ne plus être dans le secret des lapins qui parlent et
des cloches qui volent pour cause de trop grande granditude, ça n’est pas si
loin que ça, je m’en rappelle bien !
C’est beaucoup trop petit, un lapin, et puis je n’ai
jamais eu de poil de lapin sur mes œufs, d’abord, et puis c’est pas très soigneux, les
lapins, ça casserait tous les œufs, c’est sûr ! Les cloches en revanche,
elles ont beau être toutes guillerettes parce que c’est Pâques, elles font bien
attention, et les déposent délicatement dans le jardin. Et puis elles ont des
ailes, donc c’est facile de monter et de descendre déposer les œufs
délicatement en chemin. D’ailleurs les lapins, ça ne monte pas aux arbres, et
j’ai toujours trouvé une bonne moitié des œufs de Pâques perchée dans les
arbres ! C’est irréfutable, l’argument fatal, même pour des adultes trop
grandis qui n’y connaissent plus rien à tout ça, ce sont bien des cloches qui
apportent les œufs en chocolat, voilà tout. Il va juste falloir que je trouve
comment les convaincre, maintenant.
Note : La jolie image qui confirme l’exactitude de
mes souvenirs d’enfance vient de là : http://www.lexilogos.com/calendrier_paques.htm
Il y a d’ailleurs plein d’infos intéressantes, j’ai pas eu le temps de tout
lire mais on dirait qu’il faut que j’y retourne !
26 mars 2007
L'art du politiquement correct (II)
L’Alberta, en tout cas là où je suis en ce moment, c’est
à dire en milieu rural et assez au nord (je crois que les villes sont
différentes) fonctionne selon des règles complètement différentes de tout ce
que j’avais rencontré jusqu’ici. Je n’ai toujours pas tout compris et suis donc
bien incapable de décrire les règles en question. Ce que je peux dire en
revanche, c’est que j’ai parfois l’impression d’être caricaturale de politiquement
correct tant je fais des bonds en entendant certains trucs. C’est bien, ça fait
faire du sport, et je ne choque personne vu qu’en général je reste tellement
sans voix que mon cri horrifié reste coincé… Il a juste fallu que j’apprenne à
ne pas m’étouffer, vu qu’en général les pires énormités (enfin ce qui pour moi sont de énormités, encore une question de relativité...) sont dites au moment où
je m’apprête à avaler une bouchée.
L’échange qui résume le mieux le paradoxe total que je
vis en ce moment est le jour où une dame m’a dit quand elle a appris que
j’étais française « Ohlala c’est vraiment terrible, les français sont
tellement malpolis ! Ils vous sortent des trucs qui sont vraiment
choquants parfois, c’est incroyable. » Et là j’en suis restée sans voix,
j’étais complètement coincée : si je m’offusquais, je ne faisais que
renforcer son argument à savoir que j’étais terriblement impolie parce que française…
Sachant qu’il n’y avait pas la moindre trace d’humour dans sa voix et que ce
n’était absolument pas provocateur de sa part ni pour le plaisir de me faire
bondir, c’était dit complètement innocemment sans une once de méchanceté. Après
le bond en silence que je maîtrise avec agilité maintenant, et une grande
respiration salvatrice me faisant réfléchir à quatre fois à ce que j’allais
bien pouvoir dire, j’ai fini par vainement tenter de nuancer en disant que tout
dépend du contexte et de la culture, et que ce qui paraît grossier à certains
paraît normal à d’autres, mais le moins qu’on puisse dire c’est que je n’ai pas
été entendue, pour le coup.