Petits riens essentiels

Pour le plaisir de l'anecdotique...

02 mai 2008

Supplice de la goutte d’eau ou la théorie du moins pire

Choix insurmontable s’il en est : option numéro 1, regarder une émission de télé par bouts de 30 secondes et demi tant la connexion est mauvaise et devoir reconnecter le réseau wifi qui saute toutes les deux minutes et demi, le tout bien confortablement installée dans un fauteuil les pieds sur la table basse. Option numéro 2, se déplacer péniblement vers le bureau pour se poser sur une chaise très moyennement confortable parce que très droite mais où la connexion est potentiellement potable. Ou alors, option numéro 3, tout laisser tomber et aller méditer sur les difficultés de la vie moderne du fond de son lit. Mmmm, le débat n’est pas clos (je découvre l’orthographe de ‘clos’, soit dit en passant, je ne l’aurais certainement pas epelé comme ça !).

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11 avril 2008

Théorie du bonjour

Depuis que je suis rentrée en France, tout le monde s’accorde à m’appeler ‘madame’. C’est un complot, une coalition faite pour me faire croire que je suis adulte et que mes belles années sont derrière moi alors que pas du tout, je sais pertinemment qu’il ne faut tout de même pas déconner, l’adultitude n’est en aucun cas une de mes revendications ! Menfin.

Les deux seules solutions un tant soit peu faisables que j’ai trouvées (ou trouvé ? j’ai un souci avec ces participe passé décidément, il va falloir que je ressorte mon Bescherelle) pour parer à cette situation tout à fait contre nature sont 1) de devenir un homme, 2) de retourner dans un pays anglo-saxon. C’est vrai, un changement de sexe m’offrirait du ‘Monsieur’ à tout va sans considération pour mon statut matrimonial, c’est une option à ne pas négliger. Les pays anglo-saxons ont eu l’éclair de génie d’inventer le Ms, ce qui me plaît fort. Et comme dire « M’am », « Miss » ou « Miz » est bien trop compliqué à l’oral, ils court-circuitent et ne disent… rien. Parfait, le rien, ça me convient parfaitement ! « Bonjour (… rien) ». Tout à fait adéquat, simple, direct, nickel ! Comme c’est un peu court tout de même pour les anglo-saxons qui restent polis, soyons raisonnables, c’est devenu « Hi-how-are-you-doing ». Question rhétorique s’il en est, mais qui a le mérite de combler le trou à la suite du Hi. On pourrait tout de même piquer les bonnes idées des anglophones, une fois de temps en temps (et quand ils en ont, hin hin hin, vive le chauvinisme).

Comme j’ai renoncé à corriger les gens qui par définition se foutent pas mal de mon état-civil et que je vais vivre en français pendant un bon moment, je crois que je n’ai pas fini de grincer des dents. Ou pire, peut-être que je vais m’y faire.

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07 avril 2008

Météo des plages

Il parait qu’il a neigé tout partout, aujourd’hui. Ou plus précisément cette nuit. Et c’est là où je bénis le micro-climat breton, car que je n’ai vu que du soleil ! J’étais partie dans l’idée d’une cure de sommeil et d’air pur loin de la grisaille parisienne, et voilà qu’il faut que je me tartine de crème solaire, ma peau blanc-cul (je ne me résouds pas au verdâtre) ne résistant décidément à… rien. Je vais donc réussir à avoir presque bonne mine quand la ville entière sera en train d’essayer de se remettre d’avoir vu de la neige en avril. Oh les doux bonheurs mesquins de la vie…

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07 mars 2008

Monstre en devenir

Premier portrait officiel de Petit Chien, aussi appelée La Bestiole ou encore Petit Bouddha. L’engin a quatre mois, de plus en plus d’énergie, et une éducation qui laisse encore à désirer il me faut bien l’avouer. Toutefois on progresse, elle, La Grande et moi. On s’habitue les unes aux autres, le trio n’était pas une évidence mais on ne s’en accommode pas si mal, en fin de compte.

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27 novembre 2007

Centre du Monde, mon amour

Me voilà de retour en France. Pour un petit moment ce coup-ci, point de va-et-vient permanents comme j’en ai l’habitude. Et la transition pour mon retour à la vie française fut rude : presque deux semaines de grève, pouf pouf. Je pense que c’était pour que je sois tout de suite dans le bain après tout, autant tout de suite mettre les choses en place, on ne voudrait pas risquer la désillusion, ce serait bien dommage. Ou alors au contraire peut-être était-ce pour que je me sente vraiment chez moi, vu que Demi-Chez Moi s’est amusé à lancer quelques grèves deci-delà (je m’aperçois que je n’ai aucune idée de l’orthographe de cette expression, il va falloir que je me renseigne un de ces jours – en attendant, je prie mes charmants lecteurs et lectrices de ne pas s’arrêter aux possibles erreurs orthographiques) aussi, cet été.

Le seul souci terrible que je vois dans ma nouvelle condition de Centre du Mondienne est que je risque de me remettre à râler. De fait. L’avantage étant que je vais recommencer à bien m’habiller. Dur dilemme. C’est un des problèmes essentiels de la vie : avoir le sourire en jogging ou être grincheux en joli manteau.

En attendant, je vais essayer d’enfin faire tout ce que je rêvais de faire dans mon Centre du Monde chéri, en commençant par l’exploration de ses coins et re-coins, la découverte de ses restos et de ses petites boutiques bien cachées, et la visite de tous les musées et monuments qui me narguent depuis si longtemps. Les découvertes n’ont pas encore vraiment commencé faute de temps, mais je me suis remise à la conduite parisienne (et au volant d’un tank, pour faire simple) et rien que pour ça je peux me targuer d’avoir regagné tous mes galons de parisienne pure et dure, vu qu’on en est tous sorti indemnes. Rien à voir, mais il me fallait le caser, l’héroïsme n’ayant d’intérêt que lorsque l’on s’en vante.

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15 octobre 2007

... and back.

Et voilà hop hop, hier retour à Demi-Chez Moi après un loooong voyage… L’avantage de ne pas beaucoup dormir la nuit d’avant c’est que le voyage passe beaucoup plus vite. Et vu que je reviens dans deux mois, le retour ne fût point trop déchirant. Je ne me fais toujours pas au côté surréaliste du retour en revanche : le matin je suis dans mon Centre du Monde préféré, dans une vie qui m’est familière et me va comme un gant, et le soir me voilà à Demi-Chez Moi dans une autre vie qui m’est tout aussi familière et me convient plutôt pas mal non plus. Deux vies diamétralement opposées et avec très peu de liens entre elles et qui me sont pourtant presque aussi naturelles l’une et l’autre. Je frôle le dédoublement de personnalité à chaque voyage. Heureusement que je suis quelqu’un de naturellement saine et équilibrée (et non on ne proteste pas, j’affirme ce que je veux sans complexe en tant qu’officiel dictateur de ce blog, c’est ma prérogative). Et histoire d’en rajouter sur le côté surréaliste de la transition, ce matin cours de soudure. Voilà voilà.

Les vacances furent parfaites, bien remplies, avec tout plein de gens sympathiques (même s’il m’en manque quelques-uns et quelques-unes, je me fais fort de les traquer à Noël), de courses déraisonnables et de nourritures terrestres. Point de concerts ou d’expositions en revanche, le temps manqua. Arcimboldo, musée Carnavalet et musée Rodin, préparez-vous ! Ainsi que Vanessa Paradis et Calogéro, histoire de tout bien faire comme il faut. Et oui j’assume mes goûts musicaux, que celui ou celle qui a vécu 5 ans et demi loin de la patrie de la chanson française me jette la première pierre. Ou pas d’ailleurs, quand j’y pense.

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02 octobre 2007

Aventurière de l’extrême, le retour

Dans mes essais de (ré)organisation d’intérieur, mon placard à linge sale s’est trouvé orné de deux magnifiques paniers… à linge sale, donc. Un blanc et un noir. J’avais cru avoir eu une idée de génie lorsque l’envie m’est venue d’en acheter deux, et de deux couleurs différentes, jusqu’à mon arrivée à la caisse où un couple copiteur de bonnes idées avait exactement les mêmes à la main. Grosse désillusion.

Les paniers sont donc soigneusement installés, le noir à droite, et le blanc à gauche. Histoire de faciliter la transition de femme des cavernes (rhooo, quand même pas) à celle de working girl parfaite femme d’intérieur (rhooo, non plus), j’ai commencé par mettre le linge clair dans le panier blanc, et le linge foncé dans le panier noir. Ne pas trop compliquer l’affaire, sous peine de risquer la catastrophe. Jusqu’ici ça va.

La première étape d’adaptation ayant été franchie avec un succès indéniable, de plous en plous difficile, on échange les paniers de place. Le blanc passe à droite, le noir à gauche. Et là, on peine, on peine. Le linge clair oscille systématiquement au-dessus du panier noir pour finir dans le panier blanc après avoir fait circuler les cellules chargées du tri de linge sale entre les yeux, les mains et le cerveau pour minimum trois tours en vitesse accélérée. L’effort est surhumain.

Il n’est pas dit que j’arrive à la troisième étape type mission impossible qui était de mettre le linge blanc dans le panier noir et le linge noir dans le panier blanc. A moins d’envoyer mon esprit de contradiction en cure de musculation intense, parce que réussir à faire systématiquement l’inverse du geste prévu n’est pas d’une évidence absolue. Tout le problème résidant dans le « systématiquement ».

Trois jours avant l’apparition chérie du bâtiment à quatre pieds et une tête pointue souvent dans les nuages, qui pare sa dentelle de métal d’une robe scintillante selon les caprices de l’horloge.  

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26 septembre 2007

Vol au vent

jupeAventure parmi les aventures aujourd’hui : j’ai mis une jupe. Il m’arrive de temps en temps (en moyenne une fois par an, environ) de mettre une jupe quand je sors, mais au bureau, la moyenne descend dans des abysses difficilement imaginables. La dernière fois que j’ai tenté de mettre une jupe au bureau j’ai tenu une demi-heure avant d’aller enfiler un pantalon (que j’avais bien pris soin de mettre dans mon sac, pas folle). D’un autre côté j’avais tenté la jupe sans collant vu qu’on était en plein été, mais étant terriblement frileuse et la climatisation fonctionnant beaucoup trop bien à mon goût, la tentative était perdue d’avance.

Aujourd’hui deuxième essai donc, et beaucoup mieux préparé. Collant bien opaque, chaussures à talons mais pas trop pour éviter la démarche ‘grue perchée sur échasses qui n’a pas compris que le genou était fait pour se plier’ particulièrement sexy, et jupe. Et bien c’est une victoire sans doute possible, je suis toujours en jupe à 11h du matin. Olé.

Le croisement et décroisement de jambes alors que mon bureau était bondé de messieurs très respectables (et pas tout jeunes) fût périlleux, mais réussi. Le réflexe difficilement contrôlable du geste vérifiant que la jupe est bien là où elle doit être commence doucement à se faire plus discret (mais reste présent, la terreur de la jupe remontée ou coincée dans le collant ne peut tout à fait être vaincue – et je ne suis pas convaincue qu’il soit vraiment souhaitable de la vaincre). Les courants d’air sont supportables. Le collant, mon ennemi personnel, est relativement coopératif (voui parce que les collants ça tombe ce qui est très désagréable et moche vu que ça plisse sur les pieds, ça file, ça coupe le ventre ce qui est aussi fort désagréable, et du surcroît peu esthétique, ça colle à la jupe – ou l’inverse, bref c’est le diable incarné).

Braver l’adversité et les obstacles innombrables liés à la fille-itude s’est avéré payant… je crois que je pourrais même m’y habituer. Parfois. 

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26 juillet 2007

*soupir*

Ça a beau faire cinq ans que je suis partie explorer de nouveaux horizons, je n’ai toujours pas réussi à me créer une peau de rhinocéros imparable qui empêcherait tout blues, homesickness ou autre sentiment dans la même lignée de me rendre visite. Les mots anglais sont bien meilleurs pour décrire ce sentiment d’ailleurs, j’ai du mal à le retranscrire en français… Un manque, je suppose. Peut-être de la nostalgie, un petit bout de spleen (qui pour être Baudelairien n’en est pas moins anglais !), avec un petit quelque chose de vide. Le tout fonctionnant par vagues…

Tout ça pour dire qu’il est temps que j’enquête sur les billets d’avion direction maison, une petite bouffée d’air parisien comme on les aime me paraît tout à fait indiquée. Sans doute pas avant octobre, mais avoir un billet d’avion dans les mains fait déjà toute la différence…

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17 juin 2007

I’m out !

Ça y est, c’est officiel, je suis une Demi-Chez Moiienne à plein temps (enfin seulement parce que les voyages professionnels ne comptent pas, hein, sinon on n’y arrivera jamais). Jeudi fut une journée comme on les aime, j’ai passé la journée dans les cartons à vider, trier, emballer, jeter, effacer, graver et j’en passe pour laisser un bureau entièrement vide (je suis d’ailleurs très très fière du résultat, il n’y a pas de petites victoires !). Et le soir, rebelote, finissage de valises, vidage de poubelles, nettoyage de la maison (enfin d’une partie parce qu’il ne faut non plus exagérer), quelques heures de sommeil et on est parti pour le grand retour.

Et maintenant, vacances, histoire de célébrer comme il se doit.

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