Là, juste là
Quelques mots qui me viennent en vrac, au coeur de la nuit, et surtout sans trop réfléchir...
Vivre, mourir, dormir, réfléchir, respirer, tomber, recommencer. Mourir aussi. Vivre encore surtout, vivre, vivre.
Années charnières pour beaucoup qui m'entourent, pour moi aussi, clairement. Excitation de voir toutes ces nouvelles aventures se profiler à l'horizon, ces rencontres qui s'amorcent, ces amitiés qui se développent, ces envies qui s'affinent et s'affirment. Plaisir de voir la peur s'évanouir parfois, laissant place à l'envie, aux envies, et donnant une énergie folle pour tout simplement les réaliser. Découvrir que l'on peut, tout.
Les libertés évoluent avec les années, elles sont moins provocantes et plus puissantes, elles touchent aux fondamentaux. S'épanouir dans ses libertés, quel bonheur.
Plus d'un an...
... plus d'un an sans écrire... Non que ma vie se soit passée de mots, seulement je crois que les petits riens n'ont guère eu la part belle ces derniers temps, et les choses importantes n'ont pas vraiment leur place par ici. En demi-teinte, peut-être, et encore, soigneusement dissimulées et déformées par de multiples tentures.
Que d'aventures, que d'aventures...
Des mondes étranges… (III)
Le plus compliqué à gérer – et le plus frustrant – étant
de gérer les process de chacun de ces mondes. Chaque monde a son logiciel ou
plus généralement, plate-forme de centralisation d’information virtuelle. Ce
qui n’est pas simple à apprendre et à maîtriser, mais enfin soit. Seulement ces
plate-formes n’ont bien entendu aucun lien et sont de toute façon de
philosophie tellement différentes qu’il est difficile d’imaginer une unité ou
une transition automatique de l’information. Il faut donc transférer les infos
récupérées lors de l’étape 1 sur le plate-forme de l’étape 2.
Manuellement. Puis de l’étape 3. Seulement le trou entre 1 et 2 est tel que
l’on se rabat sur son vieil ami excel et que l’on finit par faire 1, 2 et 3 sur
excel. Hérésie processuelle. Donc on guide sur excel, et charge sur 1. Puis sur
2. Et sur 3. Entre temps, 2 est tombé plus ou moins en friche, et 4 est apparu
sur son beau destrier blanc dans le soleil couchant. On est content d’avoir son
fichier excel qui nous permet de remplir 4 assez facilement. Seulement tadam, 2
ressurgit, c’était en réalité encore parfaitement applicable. On soupire et
re-remplit 2. Ah, 3 change de version. Ouf, on n’est pas dans le champ
d’application, fausse alerte. Ah si en fait c’est pour tout le monde. Fausse
joie, soupir, on remplit. 4 est passe le cap et s’automatise. Bim, prière de
toute retransférer sur la nouvelle version. Manuellement. On n’a pas pu
automatiser mais c’est révolutionnaire et très facile d’utilisation. Soupir. On
transfère. Etc, etc, etc.
Des mondes étranges… (II)
Creusons, donc. Ouvrons ces petites boîtes initiatrices
d’un chaos organisé. Dans chaque petite boîte se situe un monde.
(...)
Des mondes étranges… (I)
Mon boulot est multiple et varié et a tout plein de bons
côtés auxquels on s’attache, mine de rien, seulement on ne peut ignorer tout à
fait ses idiosyncrasies. Une des étrangetés les plus frappantes étant le
délirium qui s’empare de plus en plus de tout plein de gens estimant qu’il faut
cadrer, structurer, organiser, border et surtout, surtout rester à la pointe en
optimisant, optimisant, optimisant. En oubliant complètement et absolument
qu’unifier, c’est pas mal, aussi.
Joie des boîtes matricielles, cette magnifique invention
à l’origine des interfaces. Une matrice, c’est simple, cela consiste en tout
plein de petites boîtes bien rectangulaires les unes à côté des autres. Qui
changent en fonction des éléments les constituant. Un phénomène à cheval entre
la philosophie et les mathématiques fondamentales : le contenant définit
le contenu et pour autant n’existe que de par la définition et l’existence de son
contenu qui lui-même redéfinit son contenant. Comme toute théorie qui se respecte,
la définition est simple, l’application imparfaite. Toute formule physique ou
mécanique en est l’exemple type : on commence par apprendre la formule
dans l’hypothèse d’un monde parfait, et on la réapprend itérativement, chaque
itération rapprochant la formule parfaite et donc tout à fait fausse, de la
modélisation du réel – et la compliquant donc incroyablement à chaque étape de
ce processus.
(...)
Il est de ces voyages…
Et celui-ci fut un de ceux-là. Il ne dura qu’une grosse
semaine, et pourtant il me parut en durer trois. C’est un voyage qui me fit, me
fait et me fera réfléchir pour encore un bon moment, et sur tellement de
niveaux.
Tapis
Idée débile, une fois de plus… J’ai acheté un tapis. Un
super tapis de notre suédois préféré qui fait tout fabriquer en Pologne, soit
dit en passant, noir et blanc, parfait. Le but avoué de ce tapis n’étant pas
d’habiller le sol ni de faire joli, mon opinion quant aux tapis étant assez
mitigée, mais tout bonnement d’amortir les clics clics sans doute
insupportables pour mes voisins du dessous que font les griffes de mon chien
sur le parquet. Attentionné de ma part, n’est-il pas ? Je suis la voisine
parfaite, c’est dit. (Il serait plus exact de dire que je suis le cauchemar de
l’immeuble, je plaide responsable mais non coupable, votre honneur) (mes
voisins sont très compréhensifs, heureusement, sinon je serais déjà sur le
troittoir avec toutes mes affaires) (enfin une voisine a bien essayé, mais les
autres voisins s’y sont opposé, ouf).
Ceci dit la cause du tapis, a savoir la terreur tournoyante
de la maison s’avère un danger public sur un tapis. Elle adore jouer dessus, ce
qui est positif, en revanche du coup trouve très drôle de faire dérapage sur
démarrage sur le tapis, et réussit la prouesse de le mettre en boule en environ
deux secondes et demi. Ce qui est éminemment dangereux pour toute personne
ayant l’idée étrange d’avoir posé un verre sur une table, elle-même sur le
tapis. * soupir *
Flashback
Etonnante découverte pourtant si prévisible… Il est de
ces choses que l’on croit classées et qui ne sont qu’enfouies. Une réaction ou
un sentiment suite à une situation, par exemple. On croit que l’on a enfin
assimilé, que l’on ne vous y reprendra plus, et paf, un geste, une parole, un
ton, un regard et tout revient. La sensation de malaise, le mal-être inhérent
au rejet, la gaucherie provoquée par le jugement.
De même, on croit avoir oublié certaines lâchetés,
certaines actions pourtant tellement inacceptables. On pense que tout cela
appartient à une vie antérieure, bien éloignée de ces jours-ci. Que nenni. Il
en faut tellement peu pour que la rancœur et l’écoeurement revienne, la colère
n’est en réalité pas bien loin.
Et quelle importance, pourtant. La vie a depuis longtemps
repris le dessus, l’eau a coulé, le quotidien et le bonheur se foutent de
toutes ces petitesses. Petitesses qui ne se laissent pas oublier si facilement,
et s’amusent à rejaillir à la moindre faiblesse. Un jour, un jour…

